Dada Masilo's Carmen

Si je t’aime, prends garde à toi !

« J’ai commencé avec l’idée de mettre à jour Carmen, la femme – chercher sous la surface que l’on présente dans les ballets et les opéras – trouver la vulnérabilité sous son apparente froideur et son côté sans cœur. »  Dada Masilo


" Fatale, lascive, passionnée, provocante, Carmen aime et finit d’aimer. Elle met à l’épreuve et rend fou. Pour elle, on tue. Elle s’en fout, elle chante et danse, la cigarillière de Séville. Dans sa robe rouge sang, elle irradie et enflamme. Son amour est un enfant de p... On le convoite, il torture, on en meurt. Cent soixante-dix ans après la nouvelle de Mérimée, elle a provoqué des œuvres par dizaines, opéras, ballets et films. Chaplin, Lubitsch, Carlos Saura, Preminger, Godard ou Peter Brook ont filmé leur Carmen. Figure d’amour et de mort, force d’une liberté absolue, personnage détaché de tout lien, sans moralité ni culpabilité, elle jouit sans prix à payer. Carmen fascine et exalte. En 1870, Georges Bizet signe l’opéra culte. Aujourd’hui, Dada Masilo se saisit à son tour de l’œuvre. « Carmen parle de sexe, dit-elle, de manipulation, de douleur, d’ambition et de mort – ce dont le monde est vraiment fait. Donc, je ne veux pas être polie ou timide à propos de quoi que ce soit. Je suis aussi influencée par ce qui se passe autour de moi dans notre pays. »


Triomphe la saison passée, Swan Lake, libre interprétation du Lac des cygnes, confrontait l’Afrique du Sud à ses tabous. La chorégraphe née à Johannesburg il y a moins de trente ans, a suivi une formation à Bruxelles sous la direction d’Anne Teresa De Keersmaeker. Ses ballets ou solos, Roméo et Juliette, The Bitter End of Rosemary, Refuse the hour de William Kentridge, font d’elle l’une des plus prometteuses chorégraphes et danseuses de la scène internationale. Elle signe sa Carmen, adaptation enlevée, urgente, flamboyante." Pierre Notte