PAYSAGES INTERIEURS, de Philippe Genty

PHILIPPE GENTY : UN MAGICIEN DE L'IMAGINAIRE

Paysages intérieurs, sa nouvelle création, a été acclamée par les spectateurs. Cette odyssée, pour sept acteurs et marionnettes, mêle danse, marionnettes, cirque visuel, jeux d'ombres et de lumière, musique et sons, et puise dans le vécu de Philippe Genty.

Paysages intérieurs, un voyage onirique dans l'imagination de Philippe Genty emmène le spectateur dans des paysages d'une extraordinaire beauté. Dans cette création très poétique, tirée de son livre, plusieurs tableaux d'une élégance incontestable se succèdent. Le public peut se contenter du visuel uniquement, qui à lui seul révèle des couleurs et des trouvailles extraordinaires. Cependant chaque scène évoque un épisode de la vie de Philippe Genty et plus particulièrement sa jeunesse. Un voyage dans son intimité parfois comique, parfois terrifiante.

Entretien

Une avalanche d'imagination déferle sur scène :

Un escalier flotte dans les airs puis disparaît, un pierrot se pose des questions, des portes s'ouvrent sur d'autres mondes, une tornade de soie agite la plateau, d'immenses jambes gonflables attirent les jeunes hommes, seraient-ce des fleurs, des animaux qui dansent ? Mais aussi plus tragique, avec des passages sur la guerre, des maisons qui brûlent...

Nous retrouvons Pierrot, cette marionnette humaine, image de la compagnie. Elle raconte la vie de Philippe Genty. Pierrot, qui après s'être libéré de ses fils de pantin, s'enferme pour se protéger du monde extérieurs. Ses frasques avec ses copains....

La couleur est omniprésente dans ce spectacle qui allie aussi un écran de très grande dimension et une scène mouvante. Toutefois vers la fin le rythme s'épuise un peu.

Au départ certains peuvent sembler être déroutés par l'univers de Philippe Genty car il est loin des stéréotypes. Mais passé la première minute, le spectateur se retrouve projeté dans son monde, dans son subconscient, entre rêve et réalité. Et c'est grisant ! A chaque nouvelle création, il nous emmène dans un nouveau lieu féerique, où son imagination débordante révèle des trésors axées sur le visuel.

Certains faits sont présents à chacun de ses spectacles, comme par exemple son chalet, brûlé par les allemands alors qu'il n'était âgé que de six ans.

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« La projection est très belle mais le rythme s'avère un peu lent, surtout vers la fin. Cela devient tellement onirique que l'on est soi-même parti dans le rêve. Je trouve qu'il y a beaucoup de poésie, pas de pique, cela reste onduleux. Philippe Genty a toujours de très bonnes idée » déclare une jeune spectatrice à la fin du spectacle.

« C'est la première fois que je viens assister à un spectacle de cette compagnie. Je l'ai trouvé très original car il mixte fond d’écran et visuel. La mise en scène est extraordinaire avec ces paysages. Toutefois le début a été pour moi un peu difficile avec la marionnette. La danse avec ses fils n'était pas bien réussie » ajoute une autre.

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Interview réalisée le 3 février 2017, après le spectacle de Philippe Genty et Mary Underwood, sa fidèle partenaire dans le spectacle et dans la vie.

Jocelyne Silvy : pourquoi ce personnage de marionnette au début ?

Mary Underwood : Elle fait partie intégrante de l'univers de Philippe Genty. La marionnette, le pierrot, est l'image de la compagnie maintenant, car elle a fait le tour du monde. C'est à partir de son apparition que les grands spectacles ont commencé. Le spectacle est très récent car c'est seulement la huitième fois que nous jouons et nous sommes en train de modifier cette partie.

J. S. au début du spectacle la marionnette s'enferme dans des grilles pour se protéger. A quel moment de votre vie faites vous référence ?

Philippe Genty : Mon père est décédé dans un accident de ski, une chute de 300m dans le brouillard. Après sa mort, ma mère m'a envoyé en pension jusqu’à l'âge de dix-huit ans. J'en ai fait seize différentes et je m'y sentais comme ligoté en cage. La grille me protège contre les autres car j'étais totalement renfermé sur moi-même.

M.U. : Philippe parlait très peu quand j'ai fait sa connaissance. Il passait par le dessin pour s'exprimer. Philippe a peu de souvenirs de son père, l’image de la silhouette le représente avec son chapeau.

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J.S. : Le petit garçon dans le spectacle c’était vous ?

P.G. : Oui, c’était moi. Pendant la guerre, un allemand a été tué par les maquisards et les allemands en représailles ont choisi 16 chalets et les ont fait exploser. Parmi ceux ci, il y avait le chalet de ma famille, j'avais alors 6 ans.

J.S. : D'ou puisez-vous toutes vos créations ?

M.U. : Dans son vécu. Il a fait un tour du monde pendant 4 ans en 2cv puis la traversée de l'atlantique en bateau pendant six ans. Toutes les rencontres occasionnées lors de ces voyages ont laissé des souvenirs, des images fortes qui l'aident dans la création.

J.S. : Quelle est la suite ?

M.U. : La Russie l'année prochaine mais il y a encore beaucoup de travail car le spectacle évolue avec le public. Il se modifie avec les retours que nous en avons. Nous jouons pour le public donc nous l'écoutons. Nous modifions toujours quelque chose jusqu’au dernier jour. Nous sommes tellement immergés dans le spectacle pendant des mois. L'aide du public nous ouvre un nouveau regard.

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J.S. : Le point d'interrogation est très présent dans le spectacle. Que représente-t-il ?

M.U. : Qu'y a t-il derrière la porte ? Il représente l'introspection intérieure car dans nos vies il faut toujours se poser des questions.

(source : site performArts)