AMPHITRYON de Molière, m.e.s. Guy-Pierre Couleau

Le 12/03/2018

Ajouter au calendrier

Sitôt sa nuit de noces avec Alcmène consommée, Amphitryon, général thébain, quitte sa jeune épouse pour aller guerroyer. Le dieu Jupiter, amoureux de la belle mortelle, profite de l’occasion pour se glisser dans son lit sous les traits du mari. Son allié Mercure monte la garde après avoir pris l’apparence de Sosie, valet d’Amphitryon. Mais celui-ci est de retour au palais, précédant son maître pour annoncer sa victoire… et tombe nez à nez avec cet « autre moi ».
« Amphitryon » est la pièce de Molière la plus shakespearienne, fantastique et amorale. Elle mêle joyeusement tragédie et vaudeville. Tout repose sur le motif du double et du miroir. Entre quiproquos, malentendus et rebondissements, Molière invente une fantaisie mythologique à grand spectacle où les dieux descendus sur terre, rusés et manipulateurs, sèment la confusion et s’amusent aux dépens des humains, dupés de bout en bout et incapables de distinguer le vrai du faux. Les confrontations successives et croisées des personnages et de leurs imposteurs jettent un trouble croissant parm les mortels. Sosie, joué par Luc-Antoine Diquéro, n’est pas loin de Sganarelle. Il pointe ici l’arbitraire du pouvoir et l’imposture de ces dieux qui se font passer pour des hommes afin de donner libre cours à leur bon plaisir. Une façon de questionner l’ambivalence du rapport entre foi et raison, mensonge et vérité : à quoi veut-on / peut-on / doit-on croire ? Le théâtre est, bien sûr, au coeur de cette interrogation. Notre actualité également…