LE DERNIER JOUR DU JEÛNE, texte et mise en scène Simon Abkarian

«Cette histoire est une tragicomédie à l’italienne, mais c’est avant tout un huis clos. Certes, il y a le ciel, la mer, les arbres. Mais ici, l’infernal enfermement consiste en une prison immatérielle : la tradition. Les personnages de cette pièce, les hommes autant que les femmes, sont des “pris au piège”. Toutes et tous sont des figures emblématiques du monde méditerranéen tel que je l’ai connu au Liban dans ma jeunesse. Il y a la mère, le père, le fils unique, la soeur cadette puis l’aînée, la tante érudite puis la voisine colporteuse de rumeurs, le boucher, le jeune désoeuvré, l’autre, l’étranger, celui qui ne dit rien, celui qui a peur de parler, de se déclarer. Ils sont voués à coexister dans un affrontement inavoué. Ils ont peur des uns des autres…» (Simon Abkarian)

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Dans ce Dernier jour du jeûne, qu’il a écrit et scénarisé, Simon Abkarian a mis beaucoup. Sa vision d’une Méditerranée éternelle, critique mais bourrée de nostalgie. Ses réflexions sur la condition féminine dans un «monde testiculaire» qui lui fait dire que « parfois j’ai honte d’être un homme ». Ses propres souvenirs de gamin dans le Liban des années 70. Et, pour enrober une pièce emballante, sa joie de jouer avec des acteurs qu’il aime… Deuxième volet d’un cycle amorcé avec Pénélope, ô Pénélope, créé en 2008, ce Dernier jour commence dans un gynécée bavard (un peu trop dans les premières minutes). Judith Magre et Ariane Ascaride, l’avocate vieille fille et la mariée au foyer, sœurs ennemies à la féminité totalement opposée, en sont les deux piliers. Dans un décor à roulettes, que les acteurs ne cessent de modifier, Abkarian déplie l’histoire d’un quartier dont il est Théos, le chef quasi-divin avec droit de bonheur et de mort. Comme chez Pagnol, il brasse des thèmes de tragédie antique avec une truculence qui fait souvent rire. Surtout lorsque les seconds rôles masculins épatants – Cyril Lecomte, David Ayala et Igor Skreblin –, sont sur scène. (source : Télérama.fr)

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A VOIR : présentation du spectacle par Simon Abkarian