VERTIGES de Nasser Djemaï

Les maisons hantées ne sont pas forcément en Écosse, surmontées de girouettes grinçantes agitées par un vent sauvage ! Elles sont partout, peut-être juste à côté de chez nous.

Vertiges est une plongée onirique au cœur d’une famille, dans une cité qui s’est terriblement dégradée où Nadir va se sentir à la fois en pleine familiarité et tellement étranger. Après plusieurs années d’absence, en pleine tourmente personnelle, Nadir tente de retrouver un semblant de tranquillité et d’échapper à la réalité de son quotidien. Il décide de se rapprocher des siens pour s’occuper de son père, mais de nombreuses zones d’ombres subsistent autour de l’état de santé du patriarche. Il se retrouve englouti dans un intérieur où tous les miroirs sont déformants, peut-être un asile pour fous, avec une famille engluée dans ses paradoxes et son aveuglement. Une fable à la fois drôle et cruelle, sur ce qu’est devenue notre république, le peuple.

À travers ce voyage initiatique, Nadir tentera de renouer les fils de son identité, d’échapper aux délires fantasmatiques – les siens et ceux de la société – sur ces quartiers aujourd’hui paupérisés qui, il y a cinquante ans, étaient encore des lieux d’espoir et d’avenir.

Note d’écriture de Vertiges

L’écriture

 Ce sera une réflexion sur ce qu’est devenue notre république, le peuple, avec le retour dans une cité qui s’est terriblement dégradée où Nadir va se sentir à la fois en pleine familiarité et tellement étranger.
Face à un chantier d’une telle ampleur, j’imagine de nouveau un travail en immersion auprès de familles cette fois, ou d’individus vus à travers le prisme de leur rôle de père, de mère, de fils ou de sœur.

La création d’Invisibles m’a donné l’occasion de mener une véritable enquête autour de la vie des vieux migrants originaires du Maghreb (Les chibanis). Celle d’Immortels d’aller à la rencontre de jeunes pour mieux appréhender les problématiques adolescentes. Ces démarches m’ont demandé près d’une année de travail auprès des foyers, des cafés sociaux, près des mosquées, devant les montées d’immeubles, dans des établissements scolaires, des associations culturelles… afin de collecter les témoignages et de les analyser. Je me suis servi également des recherches sociologiques, des thèses, des ouvrages et témoignages vidéo et audio….

Il en sera de même pour Vertiges, car je ne conçois aujourd’hui mon travail d’écriture que dans le prolongement de ce temps documentaire. La trame de Vertiges se construira au fil de ces moments de collecte de la parole au sein de familles que nous approcherons par le biais de jeunes rencontrés dans un cadre scolaire, d’auprès de groupes de femmes déjà constitués dans les associations d’alphabétisations, les maisons de quartiers, auprès de groupes d’hommes approchés aux abords des mosquées, des associations culturelles et cultuelles.

La dramaturgie

À partir de cette immersion, le travail sur la structure d’une histoire a pu commencer. Repérer les thèmes récurrents, définir des personnages et leur univers et commencer à écrire.

Lien vers le dossier du spectacle

Lien vers une interview de Nasser Djemaï