LES MISERABLES, Théâtre du Kronope

Créer Les Misérables, c’est faire le portrait d’une époque, d’un milieu social, humain et cruel tout en défendant un théâtre populaire.
C’est rendre l’aura d’un grand texte classique tout en gardant  l’esthétique baroque et masquée qui fait la marque de fabrique du Kronope et dont le grain de folie ne sert qu’à souligner le tragique du propos.

Lorsqu’on parle de masques, on pense Commedia dell’arte, gros rires et bouffonneries mais derrière la canaille grotesque et savoureuse, le drame et l’amour avancent à visage découvert.

Sur fond de crise, de trouble social, le désarroi populaire est grandissant, la lutte des classes est là, la misère semble se propager comme une épidémie.
Une misère matérielle, psychologique, visible ou bien cachée, que la société exclut ou entretient... l’oeuvre de Victor Hugo n’a pas vieilli et l’envie de souligner l’intemporalité de son propos est apparue comme une évidence.

Montrer le mal, la beauté, la sensibilité, la révolte douloureuse, l’hypocrisie, l’amour... le parti-pris de Guy Simon est de mettre le spectacle sous le coup d’une tension émotionnelle renforcée par la musique et les jeux de lumière, où les éclats de rires croisent le silence.

Dans les ruelles sombres et mystérieuses de Paris, 6 comédiens, à la fois acrobates et danseurs, se partagent une cinquantaine de rôles. Du grand bourgeois au peuple asservi, entre réalisme et imaginaire, ils jonglent avec les personnages, les corps et l’émotion au service d’une oeuvre foisonnante.


Jean Valjean, Les Thénardier, Cosette, Gavroche, Javert... les personnages sont multiples et tous composent un théâtre des bas-fonds frappant.